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A M E N A G E M E N T   D U   M U S E E   T O U L O U S E   L A U T R E C

Gazette N° 3 - Juillet 2003

Questions aux Architectes (1)
Patrice CALVEL,architecte en chef des Monuments Historiques

La Gazette : Comment faire cohabiter modernisme muséographique et conservation du Monument Historique ?
P. Calvel : Le Palais de la Berbie est à la fois un monument historique et un Musée. Le monument destiné à perdurer dans le temps prime sur les aménagements muséographiques soumis aux évolutions des critères de conservation et de présentation des collections. Il en découle que le rôle de l’architecte des Monuments Historiques est de maintenir l’intégrité de l’édifice à la fois en orientant le projet muséographique à travers les exigences de la conservation et de procéder en parallèle aux restaurations des structures et des décors. Exercice complexe qui consiste à sauvegarder un héritage inaliénable tout en permettant une évolution normale qui le maintienne et le transmette à travers le mouvement de notre temps. La concertation entre l’architecte des Monuments Historiques et l’architecte muséographe a permis d’engager des interventions lourdes liées aux exigences de technicité et de sécurité contemporaine sans entraîner d’affaiblissement des structures médiévales et surtout sans laisser de traces apparentes qui viennent perturber les caractères historiques et esthétiques ayant justifié le classement. En effet, cette silhouette qui appartient à la mémoire collective des albigeois doit, à ce titre leur être restituée intégralement à la fin des travaux. Travaux qui auront par ailleurs entraîné des découvertes archéologiques enrichissant dès maintenant la connaissance de cet exceptionnel monument.
La Gazette : Peut-on parler d’un projet pilote ?
P. Calvel : Certainement. Si les vingt dernières années ont vu la modernisation de près de 400 Musées, celui-ci semble bien être le chantier muséographique majeur du début du XXIème siècle. en France. Il est pilote à travers les démarches associées de conservation et de modernisation dont les méthodes sont sans cesse adaptées aux contraintes que développe un édifice existant, aussi complexe, sachant en outre que si les phases de la muséographie doivent s’achever à une échéance de quelques années, la restauration se poursuivra pour sa part très au delà, sur les façades en particulier. Enfin la robustesse des maçonneries ne nous déchargera pas pour autant d’assurer sur le long terme un entretien qui en pérennise l’aspect dans le cadre de l’un des paysages urbains majeurs hérité du Moyen-âge.

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