| Gazette
N° 3 - Juillet 2003
Questions aux Architectes (2)
Fabrice MAZAUD, Architecte Cabinet DUBOIS
et Associés
La
Gazette : Quelles sont les difficultés
de ce chantier ?
F. Mazaud : La première des difficultés
pour un chantier de cette importance en centre
ville et dans des bâtiments complexes,
c’est son organisation qui doit tenir
compte notamment des contraintes liées
au fonctionnement des parties du musée
qui restent ouvertes au public. Le cabinet
ETB, pilote du chantier, veille tout particulièrement
à cet aspect. D’autre part, la
phase des démolitions et des reprises
en sous-œuvre a donné lieu à
des «découvertes fortuites»
dont certaines ont nécessité
des adaptations techniques parfois importantes
pour le projet : par exemple, certaines fondations
existantes, qui ne pouvaient faire l’objet
d’investigations préalables,
ont nécessité la mise en œuvre
de techniques de reprise en sous-œuvre
plus complexes qu’escompté. A
contrario, après démolition
des cloisonnements et des plafonds existants,
des voûtes anciennes ont pu être
découvertes (passage de Bernis) et
même une volée de l’escalier
du Lude que l’on croyait disparue a
été retrouvée sous un
plancher bois existant. Elle sera conservée
dans l’aménagement final après
dépose, rectification du palier puis
repose. Comme toujours en matière de
réhabilitation, la maîtrise d’œuvre
doit rester attentive aux éventuelles
découvertes pendant les phases de démolition
et être capable d’adapter le projet
et les techniques mises en œuvre pour
en tenir compte dans la réalisation
des ouvrages. C’est particulièrement
vrai pour le Palais de la Berbie, compte tenu
de sa complexité et de son caractère
historique particulièrement important.
La Gazette : On démolit beaucoup…
F. Mazaud : C’est une impression
erronée : en fait malgré les
apparences, on démolit assez peu même
si c’est très spectaculaire.
D’une manière générale,
la phase des démolitions a principalement
consisté à «purger»
le bâtiment des différents aménagements
réalisés au fil du temps, pas
toujours dans le respect du caractère
architectural et historique du monument :
on peut citer l’exemple très
représentatif de l’ascenseur
de la galerie du Lude dont la cage défigurait
les espaces intérieurs sur tous les
niveaux. Il est aujourd’hui démoli
et la galerie du Lude sera restituée
dans sa configuration d’origine à
l’articulation entre la salle Choiseul
et l’aile des Suffragants. Ce sera vraisemblablement
une heureuse «re-découverte»
pour les visiteurs du Musée. Il faut
également préciser que, dans
le cas des démolitions rendues indispensables
pour les nouveaux aménagements du Musée
(création de passages entre salles
notamment), de nombreuses précautions
sont prises comme par exemple un prélèvement
systématique des matériaux démolis
qui permettra des études historiques
ultérieures ou encore la récupération
chaque fois que cela est possible des briques
de maçonneries qui sont mises sur palette
et stockées dans un lieu sécurisé
en vue d’une repose ultérieure
éventuelle.
La Gazette : En l’état
actuel du chantier le béton est très
présent.
F. Mazaud : le béton actuellement
visible sur le chantier sert à la réalisation
des dallages indispensables à la réalisation
du projet. Ces dallages sont destinés
à être recouverts de chapes minérales
micro-fibrées dont l’aspect de
finition est soigné et renforce la
minéralité des niveaux inférieurs
de l’édifice.
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